Dans le prolongement de réflexions sur le droit de vote des étrangers, je repense à une récente discussion avec quelques camarades sur la pertinence d'étendre le droit de vote à partir de l’âge de 16 ans. Régulièrement, la question revient dans le débat, comme ça, juste pour le plaisir de tester l'opinion et entendre les mêmes arguments des pour et des contre. 18, 16 ans pour voter ? 60,61, 62 pour le départ à la retraite ? La discussion fut amusante puisque ce sont systématiquement les plus jeunes qui se sont montrés carrément hostiles à cette idée mise en avant par le syndicat de lycéens l'UNL (Union Nationale Lycéenne) proche du MJS. Pourtant, il n'est pas inintéressant de poser quelques questions.
Pourquoi ne devrions-nous pas admettre les évolutions de la société et des comportements ? Que ce soit en matière de travail par exemple, ces évolutions responsabilisent, à tort ou à raison, de plus en plus tôt les jeunes. Ils sont certainement plus confrontés à la réalité qu'autrefois. Le plus souvent cette confrontation est à leur désavantage puisque le nombre de précaires parmi eux ne cesse de croître. Comment considérer qu'un jeune de 16 ans est responsable pénalement mais pas suffisamment mur pour être électeur ? Drôle de conception d'une société où l'on a tendance à transformer l'individu en consommateur et justiciable. Pourquoi cette initiative serait-elle forcément inutile puisqu'un jeune reproduit automatiquement le même schéma que ses parents au moment du vote ? Pas si sûr que cette pseudo affirmation soit totalement fondée, sinon rien ne sert de militer, ni de voter. Est-il si évident que les jeunes se désintéressent de la politique ? En 2007, la campagne des présidentielles s'est invitée jusque dans les cours de récréation de maternelle. D'accord ce n'est pas forcément le meilleur exemple mais il faut admettre qu'une large majorité de l'opinion se sent concernée par les grands rendez-vous politiques (élections présidentielles en France et ailleurs..., référendum sur le traité constitutionnel européen).
En quoi cela poserait un problème d'intégrer un peu plus tôt les jeunes dans le processus démocratique ? En rien. Dans l'histoire récente, la
jeunesse a toujours su se dresser contre les injustices la concernant directement ou indirectement (mouvement social de 1995, sursaut républicain en 2002 entre les deux tours de l’élection
présidentielle, mouvement anti CPE en 2006). La jeunesse constitue un acteur incontournable dans le paysage démocratique, n’en déplaise aux gérontocrates. Forcément, les défis de l'emploi et de
l'éducation apparaîtront comme les thèmes prioritaires des prochains rendez-vous électoraux, à commencer par les Régionales de mars mais aussi lors de la présidentielles. Et c’est normal car ce
sont les attentes des jeunes. Un jour où l’autre, il faudra envisager de refonder les principes de notre citoyenneté en intégrant mieux la jeunesse, les étrangers, en admettant son caractère
européen, nous ferions un grand pas dans le XXI siècle.
…
rendez-vous demain un peu partout en France comme c’est le cas depuis le lancement de la votation le 28 septembre dans les mairies, aux abords des bureaux de poste ou sur les marchés. Rendez-vous demain à partir de 08h dans la salle des Cadets de Gascogne à Condom pour vous prononcer sur le futur statut de la Poste. En effet, petit
rappel : dans les prochaines semaines le gouvernement présentera au Parlement un projet visant à transformer cet établissement public en société anonyme.
Vous en pensez quoi ?