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Ciné

Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 13:00
- Publié dans : Ciné

Benda Bilili Séquence émotion assurée avec le documentaire Benda Bilili ! projeté en ce moment par Ciné 32. Partis tourner un documentaire sur les musiques urbaines, Renaud Barret et Florent De La Tullaye découvrent par hasard à Kinshasa, capitale du Congo, le staff Benda Bilili, en français "au delà des apparences". Justement, ce groupe est unique : ses musiciens sont handicapés, victimes de la polio, vivant sur des fauteuils de fortune et jouant leur musique avec de vieux instruments aux carrefours de la ville pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles. A la tête du groupe, Ricky rêve de succès, de gloire pour son staff. Le rêve va devenir réalité sous nos yeux en moins d’une heure trente.

 

Ce film musical avance par épisodes au gré des visites des réalisateurs entre 2004 et 2009. Peu à peu le groupe s’organise. Il enchaîne les répétitions dans un parc zoologique, lieu fécond pour leur inspiration. Un jeune garçon, Roger, va se joindre à la troupe équipé de son monocorde venu de l’espace (boite de conserve reliée à un bâton par un fil) et surtout son incroyable talent.

 

Leurs chansons racontent leur vie de misère, leurs espoirs aussi sur des sonorités africaines et latines, pas très éloignées d’Orchestra Baobab. Au bout du compte, ils parviennent à enregistrer leur premier album Très, très fort et enfin ils partent en tournée européenne (Eurockéennes de Belfort en 2009), ce qui nous vaut de découvrir une aventure naïve et sincère. Seul regret, le film s’achève en Norvège sans savoir ce qu’ils deviennent et comment s’est passé leur retour au pays.

 

A travers ce film, l’histoire de ces hommes et surtout la trajectoire symbolique de ce gamin que l’on voit grandir comme on voudrait que l’Afrique grandisse, le spectateur découvre les multiples facettes du continent africain mêlant l’extrême pauvreté d’un côté et en même temps l’énergie optimiste de l’homme africain. Non seulement celui-ci est entré dans l’histoire mais aussi dans la musique. Optimism.

 

 

Par Cédric.B - Ecrire un commentaire
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 23:08
- Publié dans : Ciné

Il y a des vies que même le meilleur romancier ne peut arriver à approcher dans l’écriture de ses bonnes feuilles. La vie d’Ernesto « Che » Guevara est bien plus qu’un roman. L’existence du guérillero argentin s’apparente à une tranche de l’histoire contemporaine entre Guerre froide et décolonisation. Sa trajectoire est un reflet révélateur de ce qu’a été en partie le 20ème siècle.

C’est donc Steven Soderbergh (Traffic, Ocean Eleven…) qui s’est attaché à réaliser un biopic sur le Che en retraçant deux périodes spécifiques : sa rencontre avec Fidel Castro, les années de guérilla à Cuba puis la tentative mortelle d’allumer un foyer révolutionnaire en Bolivie.

13 juillet 1955, Mexico, Raul Castro présente Guevara à son frère aîné, Fidel. Une rencontre qui marque une date clé dans l'histoire de Cuba. Guevara se voit associer à l’opération de guérilla en vue de renverser Batista. Les Cubains affublent le jeune rebelle d'un sobriquet courant en Argentine : "Che". 26 novembre 1956 : 80 rebelles embarquent pour Cuba. Réfugiés dans la Sierra Maestra, les "barbudos" déclarent la guerre totale au régime de Batista. Guevara prouve ses qualités de combattant et se rend indispensable à ses compagnons. 1er janvier 1959 : les rebelles célèbrent leur victoire à Santa Clara et à La Havane. Fin de la 1ère partie... Régulièrement, le voyage du Che à New York, en 1964, revient en flash back pour montrer sa détermination. De toute son expérience de l’Amérique latine (Carnets de voyage), il harangue enflammée à la tribune des Nations Unies, réitérant son engagement dans le combat du tiers-monde contre l'impérialisme américain.

Après la Révolution Cubaine, la gloire et la puissance du Che sont au plus haut. Mais, soudain, voilà qu'il disparaît. Pourquoi a t-il quitté Cuba ? Vers quelle destination ? Est-il seulement en vie ? Après l’échec congolais, le Che réapparaît en Bolivie, incognito et méconnaissable, oeuvrant clandestinement à la constitution d'un petit groupe de camarades cubains et de recrues boliviennes censé amorcer la grande Révolution Latino-américaine. La campagne bolivienne est une ode à sa ténacité et à son sens du sacrifice. Elle nous permet de comprendre pourquoi le Che reste un symbole universel d'héroïsme et d'idéalisme. Son échec entraînera la mort du Che, la fin du rêve de multiplier les Viet-Nam, l’échec de la réalisation d’un homme nouveau.

Avec « Che », Soderbergh prouve qu’il est un réalisateur perfectionniste dans ses plans. Certains diront qu’il effleure seulement les aspects politiques et radicaux de la révolution cubaine. Il ne donne pas de leçon, il retrace à partir des écrits du Che et de ses principaux spécialistes (comme Pierre Kalfon dont je conseille vivement la biographie). Un peu comme dans ses films précédents, il raconte avant tout les hommes. L’interprétation de Benicio Del Toro est purement époustouflante. Primé par la Palme d’or à Cannes, il incarne avec détail et profondeur son personnage jusqu’à laisser croire le spectateur que lui et le Che ne font qu’un, jusqu’à son dernier souffle. Dernier plan, dernière image, Soderbergh écarte l’image de mort, oublie la figure emblématique connue de tous, il nous laisse avec le regard d’un homme jeune, plein d’espoir, qui a rendez-vous avec l’histoire.

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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 09:56
- Publié dans : Ciné

Londres pour décor, un mélange de « petites frappes » plus ou moins cleans et son lot de « gros caïds » essentiellement venus de l'est, un scénario déjanté, une bande son aux petits oignons... pas de doute c'est un film de Guy Ritchie.


Le réalisateur anglais récidive avec un nouveau film, certains parlent d'une comédie, de gangster, du Scarface sauce anglaise en fait. Avec ses deux premières réalisations, il n'est pas passé inaperçu : Arnaques, crimes et botanique (1998) devient d'entrée une référence (dans mon top 7 du 7ème art) puis au tour de Snatch (2000).

Sorti en novembre mais projeté ce week-end sur une toile de Ciné 32, Rock'n rolla reste donc dans cette lignée, avec pour commencer un titre venu de nulle part, comme d'hab' avec Ritchie, mais qui résume assez bien l'ambiance : « Il y a le pur Rock'n rolla : sex, drugs & rock'n'roll. Et il y a le Rock'nrolla moderne. Ce n'est pas forcément un Rolling Stones ou un vrai rocker. Mais c'est quelqu'un qui vit dans le moment, à fond. Quelqu'un qui se fout de tout et prend du bon temps. Avec des femmes, de la drogue, en voyageant... Ou qui s'éclate simplement en tentant des trucs. C'est dur à définir mais c'est évident quand vous en voyez un. »

Si vous avez raté le début... Fidèle à sa marque de fabrique, Ritchie soigne la présentation des principaux personnages. Caïd londonien, Lenny travaille à l'ancienne, genre vieille école. Ce qui ne l'empêche pas de savoir à qui graisser la patte et de pouvoir faire pression sur n'importe quel ministre, promoteur immobilier ou malfrat en vue pour parvenir à ses fins. D'un simple coup de fil, il est capable de soulever des montagnes. Mais comme le lui dit Archy (espèce de sosie de David Ginola, si, si...), son fidèle lieutenant, Londres est en train de changer : les mafieux des pays de l'Est, comme les petits voyous, cherchent tous à bouleverser les règles du milieu, avec pour bureau de travail les loges d'un énorme stade (je dirai ce qui se fait de mieux comme le Millenium à Cardiff).


Désormais, c'est toute la pègre londonienne, des gros bonnets aux petits poissons, qui tente de se remplir les poches en se disputant le coup du siècle. Mais c'est Johnny Quid, rock star toxico qu'on croyait mort, qui a les cartes bien en main... A Londres, le monde aussi est petit. Il faut y ajouter « La Horde Sauvage », emmenée par One Two pour se mêler à ces petits crimes entre amis.

Le sujet est sérieux voire grave, les histoires parallèles se croisent et s'entrecroisent. On ne voit pas les deux heures passées. Autre corde à l'arc de Ritchie, la capacité à rester sérieux, passages sombres et violents, et y mêler des séquences burlesques dont une poursuite géniale ! Rock'NRolla est finalement une caricature amusante et violente du milieu qu'il décrit, certes avec ironie, mais aussi peut-être avec une once de fascination. L'happy end final laisse entrevoir une suite. Wait and see alors.

J'allais oublier petit lecteur qui est venu s'échouer après des semaines de silence... bienvenue en 2009 !

 


Par Cédric.B - Ecrire un commentaire
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Mardi 10 juin 2008 2 10 /06 /Juin /2008 13:12
- Publié dans : Ciné

« Tatata taaa, tatata,... » le professeur Jones est de retour pour un 4ème et dernier(?) volet des aventures de l'archéologue le plus connu de tous : Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. C'est franchement un plaisir de retrouver les aventures d'Indiana Jones pour plusieurs générations de cinéphiles. Petit rappel quand même, la série fut lancée en 1981 avec Les Aventuriers de l'Arche Perdue.

Avec quelques rides, difficiles à cacher sur le visage d'Harisson Ford, Indiana Jones en a fini avec les nazis (Arche Perdue & Dernière Croisade 1989) et quelques esprits maléfiques (Temple maudit 1984). 1957, Guerre Froide oblige, il passe aux Soviétiques et à quelques uns de leurs meilleurs agents, dont Iriana Spalko (jouée par Cate Blanchett). A la poursuite du diamant... euh le royaume du crâne de cristal peut commencer dans un long périple qui nous amène en Amérique du Sud zone quasiment inexplorée dans les précédentes aventures d'Indie.

Pour les puristes, Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal s'inscrit totalement dans la série. Un principe inusable : des méchants voulant dominer le monde. Un héros jamais seul : Marcus et Jones père sont remplacés par Marion (Karen Allen vue dans Les Aventuriers de l'Arche Perdue) et une surprise. Une seule curiosité et non des moindres : Indiana Jones est papa d'un rude boy des années 50 (Shia LaBeouf déjà vu dans Transformers). Un regret : une issue aussi spectaculaire que space, quelques idées pompées à un vieil épisode de la 4ème dimension qui laisse perplexe.

La collaboration Spielberg/Lucas, elle par contre n'a pas pris une ride : toujours quelques pointes d'humour bien senties, des références au contexte qui entoure le film (débuts de l'ère atomique, le maccarthysme et les débuts du rock'n roll), et beaucoup de références à leurs productions précédentes. Si un ou deux passages ressemblent plan pour plan à Star Wars, Spielberg reprend son délire extra terrestre... (E.T., Rencontre avec le 3ème type).

Pas la peine d'en dire plus sur le dénouement de l'aventure proposée, juste une question se pose. L'apparition de son fils caché ouvre-t-elle la perspective de nouveaux épisodes ? Si sa place n'est certainement pas dans un musée, le coffret DVD, que le merchandising ne manquera pas de nous vendre, finira bien dans votre vidéothèque !

 

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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 19:20
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Sortie en DVD cette semaine du dernier film de Ridley Scott : American Gangster. Bon souvenir d’une soirée ciné qui mérite quelques mots. La guerre au Vietnam, ou plutôt le bourbier U.S. chez les vietcongs, s’éternise, la société américaine aborde une décennie troublée par une crise morale et économique. Frank Lucas, interprété par Denzel Washington des grands jours (un Oscar au bout ?), a vécu pendant vingt ans dans l'ombre du Parrain noir de Harlem, Bumpy Johnson, qui en fait son garde du corps et confident. Lorsque son patron succombe à une crise cardiaque, Lucas assure discrètement la relève et ne tarde pas à révéler son leadership, son sens aigu des affaires et son extrême prudence, en prenant pour auxiliaires ses frères et cousins et en gardant un profil bas. Inconnu de la police comme des hautes instances de la mafia italienne, Lucas organise avec la complicité d'officiers basés au Vietnam un véritable pont aérien et importe ainsi par avions entiers des centaines de kilos d'héroïne pure, qu'il revend à bas prix dans les rues de New York.

Tandis que Lucas amasse ainsi, en toute discrétion, une fortune colossale, l'inspecteur Roberts, joué lui par Russel Crowe (acteur fétiche de Scott après le célèbre Gladiator) du NYPD (New York Police Department) enquête patiemment sur l'origine et le fonctionnement de ce marché parallèle d'un genre inédit, et finit par soupçonner l'insaisissable Frank Lucas. Une étrange partie de cache-cache commence alors entre ces deux solitaires perfectionnistes dont les destins seront bientôt inextricablement mêlés... Qui va l’emporter ? A mon humble avis, personne.

Pour les mirettes, American Gangster est d’abord un voyage dans le temps au coeur d’Harlem, New York city, à l’entrée des seventies. Entre le « peplum » du genre, on pense au Parrain (quelques points similaires quand même : famille, trafic, règlements de compte), et la version plus documentaire comme Traffic (autres similitudes du côté des flics : problèmes de hiérarchie, corruption, manque de moyens) de Soderbergh (promis on reparlera bientôt de lui, en attendant de découvrir Che), American Gangster s’appuie sur son point fort : une histoire vraie. Mention spéciale aux décors super réussis et aux costumes tout autant réalistes et enfin à la BO. Caresse et bise à l'oeil !

 

 

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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 16:00
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Olivier MARCHAL s'est réellement fait un nom dans le monde du cinéma après la réalisation de 36 Quai des Orfèvres, sublime thriller policier sorti en 2004 dépassant le quasi passé inaperçu Gangsters.

Pour finir la boucle de sa trilogie, c'est au tour de MR 73. Ames sensibles s'abstenir ! C'est un film excessivement noir et dur sur ce que sont capables de faire les hommes... Pour la recette d'un succès et d'un résultat corrects : une longue expérience des arcanes de l'institution policière (Olivier MARCHAL est lui-même un ancien de la police judiciaire), un scénario basé quelques faits réels, un casting réussi avec des acteurs qui ont la gueule de l'emploi (Daniel AUTEUIL, Guy LECLUYSE, Catherine MARCHAL etc.), des personnages aussi sombres que sadiques (les deux tueurs glacent facilement le sang), des lieux aussi sordides les uns les autres (un commissariat misérable, une prison repoussante, une chambre d'hôtel miteuse pour un officier de la PJ et vous obtenez MR 73 et des caisses dignes d'intérêt.

L'histoire du film : Un tueur en série ensanglante Marseille. Louis Schneider, flic au SRPJ, mène l'enquête malgré l'alcool et les fantômes de son passé. Le passé resurgit aussi pour Justine. 25 ans plus tôt, ses parents ont été sauvagement assassinés par Charles Subra. Schneider l'avait alors arrêté. Mais aujourd'hui, par le jeu des remises de peine et pour bonne conduite, Subra sort de prison. Cette libération anticipée va alors réunir Schneider et Justine, deux êtres qui tentent de survivre au drame de leur vie.

A signaler la prestation magistrale de Daniel AUTEUIL dans le rôle d'un flic au passé brillant et après des drames personnels, se transformant en une "gueule cassée" abandonnée par sa hiérarchie. On reste un peu sur sa fin, une histoire prenante mais une réalisation qui met mal à l'aise dans la veine de Seven.

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