Jeudi 14 janvier 2010
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Publié dans : Actu
A l'occasion du débat sur l'identité nationale, une proposition réapparaît aux détours de quelques
déclarations ministérielles. Celle d'octroyer le droit de votes des étrangers aux élections locales. Lorsque l'on parle d'élections locales, il s'agit uniquement des municipales, et pas encore
des cantonales et des régionales. Donner le droit de vote aux étrangers, voilà peut être près de deux décennies que la gauche défend cette idée. Elle figurait même, si mes souvenirs sont bons,
dans le programme présidentiel de François Mitterrand dès 1981. Malheureusement, la gauche ne s'est jamais donnée les moyens de la réaliser. La raison ne tient pas uniquement au manque de volonté
mais au risque de blocage institutionnel que la même gauche n'a jamais détenu... le sénat par exemple. Ce même sénat bloqua une proposition de loi sous la gauche plurielle prévoyant ce droit.
Pourtant, il va de soi de permettre à chacun de s'exprimer pour désigner ses représentants au sein des collectivités où l'ont vit, où l'on travaille, où l'on éduque ses enfants. Le droit de vote
des étrangers apparaît encore plus comme une évidence quand on sait qu'ils participent directement à l'effort fiscal en payant des impôts locaux. Le droit de vote est certainement le premier acte
d'intégration de n'importe quel individu à une communauté. Il devient un citoyen à part entière. En attendant, la droite est empêtrée dans le débat sur l'identité nationale qui plutôt d'être un
succès populaire devient une réussite populiste. Mais n'était-ce pas l'objectif visé ? Ce débat a libéré la parole de quelques esprits inconscients. Il exacerbe les préjugés envers une partie de
la population pour mieux en profiter lors des élections régionales. C'est pourquoi quelques voltigeurs du gouvernement se sentent obligés de détourner l'attention, de tranquilliser l'opinion. Ils
escomptent atténuer les apparences néo conservatrices de son leader. En prononçant ses voeux, mardi matin, Martine Aubry a annoncé la couleur, dans le genre offensif. Qu'à cela ne détienne, le
Groupe socialiste à l'Assemblée va déposer rapidement une proposition de loi visant à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de
l'Union Européenne résidant en France. L'occasion est trop belle pour faire tomber les masques de la mauvaise foi et de la manipulation qui sont de plus en plus lourds à supporter chez certains
ministres. Face à leurs contradictions, la droite préfèrera esquiver ce débat qui paraît plus essentiel que celui sur l'identité nationale, mais un jour où l'autre cette évolution de notre
société s'imposera.
Par Cédric.B
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