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Samedi 15 novembre. Deuxième jour du Congrès, journée cruciale dans la tournure des évènements. Mais avant d'aller plus loin, il est important de signaler deux
évènements de la veille : l'intervention de François Hollande et la déclaration de candidature de Ségolène Royal par un de ses lieutenants. Dès le premier jour, notre premier secrétaire a choisi
de s'exprimer longuement pour sa dernière apparition en tant que numéro un du PS. Discours testament en fait d'un parcours , long de 10 années, semé d'une période faste (1997-2002) et de moments
plus douloureux (21 avril 2002, 29 mai 2005, présidentielle 2007), il quitte la direction en donnant les consignes à son (sa ?) successeur en insistant sur le triptyque de la volonté, la
sincérité et la lucidité. Avec un peu de recul on se demande si il a conseillé ou plutôt dressé le portrait du prochain patron de Solfé. Poliment, la salle rend un dernier hommage à celui qui
prit réellement les commandes du PS un soir d'avril pour le meilleur et pour le pire.
Pour revenir à la journée qui nous intéresse, le marathon des interventions se poursuit dans une ambiance feutrée et surtout une présence moins parsemée des délégués. Tout le monde est là, les
choses peuvent enfin commencer. Autant le dire, nous allons être servis ! Les poids lourds de chaque motion se succèdent à la tribune, devant une décoration genre puzzle de photos retraçant
l'historique du parti. Certaines font office de clin d'œil à l'actualité du moment. La pression monte lentement, les messages se font de plus en plus clairs, les discussions en aparté se
multiplient. Progressivement le caractère politique de ce qui nous anime reprend le dessus. Bertrand intervient en fin de matinée, affaibli par son mauvais score, il se bat comme un lion qui n'a
pas décidé d'abandonner. Il ne laisse pas dos à dos, comme ce fut sous entendu par la presse la veille, il réaffirme les conditions du rassemblement en rappelant l'aspect incontournable du «
dispositif humain ». En clair, il est possible de s'allier, mais la motion A défend l'avantage de présenter le candidat sur la base de sa seconde place dans le quarté.
Pause sandwich bière dans le hall bondé et bruyant. Les débats reprennent, les textos de la motion tombent et confirment une stratégie planifiée : Laurent intervient à 15h30, Martine à 16h40 et
JCC à 17h30. Ce qu'on ne nous dit pas c'est qu'entre les deux premiers ça sera au tour de Ségolène Royal. Le match se jouera serré mais la politique reprend le dessus sur le raccourci voulant
faire croire au TSS. La question des alliances devient le cœur du débat. Au détour d'une intervention dont il a le secret, « L'orientation est inséparable de la question des alliances » pour
Laurent. C'est au tour de l'ancienne candidate pour 45 minutes d'une intervention déstabilisante. La salle ne tombe pas dans le panneau, ce congrès ne sera pas instrumentalisé. Cons
ciencieusement, elle lit un discours carrément mystique. Contrairement à ce que certains
auraient souhaité, la salle plénière garde son calme, la claque est quasi nulle. En fin d'inter, elle sort du bois des fées pour annoncer la consultation des militants sur la question des
alliances. C'est oublier que dans ce congrès les militants se sont déjà exprimés sur la question et ont refusé tout élargissement aux centristes à hauteur de 70%.
L'heure est grave, un certain malaise se lit sur la plupart des visages. Au tour du soldat Aubry de se lancer dans un discours à partir de quelques notes, un discours politique dont on a déjà
entendu les plus grandes lignes sur les vidéos en ligne, un salut au premier secrétaire qui en a bien besoin, l'affirmation de sa participation à la majorité sortante avec les avantages et les
inconvénients que ça comporte, la question sociale comme place centrale, la relance du pouvoir d'achat par l'augmentation des salaires, la volonté de réarmer la puissance publique, mais surtout
on retourne sur les fondamentaux du parti socialiste, une conception à la fois respectueuse du passé mais ambitieux vers l'avenir se dégage. Elle explique sereinement les accords locaux avec le
Modem sans se débiner et en se faisant respecter par une salle majoritairement conquise. Prête à assumer ses responsabilités et à nous donner une direction, elle annonce dès la première semaine
du nouveau mandat une campagne nationale sur la lutte contre les discriminations, c'est ça un parti au travail. C'est quand même autre, ce sont des moments qui vous réconcilient avec des congrès,
et je sais de quoi je cause. Preuve de sa bonne foi d'unité, elle descend saluer à tour de rôle, Bertrand, François et bise Pierre, son second père, avant de s'asseoir au milieu des siens pour
écouter la suite. (à suivre)...
Vous en pensez quoi ?