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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 13:45
- Publié dans : Militant

Le projet de loi relatif aux organismes génétiquement modifiés aura été de bout en bout un «texte maudit ». Son parcours n'a été qu'une suite de soubresauts et de contradictions gouvernementales. Nul doute que le gouvernement considérait comme pure formalité son adoption par le Parlement. Mais il ignorait que les députés de gauche, et en particulier du Groupe socialiste, allaient mener un véritable combat visant à rejeter un texte beaucoup trop laxiste.

Les députés SRC se montrent très prudents sur la question des OGM et sont intransigeants sur le principe suivant: les plantes génétiquement modifiées ne peuvent être acceptées par notre société que si elles présentent des avantages certains et si leur éventuelle mise sur le marché n'a pas pour corollaire l'adoption du principe de la brevetabilité du vivant. Or, ces deux conditions ne sont absolument pas réunies pour le moment. C'est forts de ces convictions que les députés SRC ont abordé les débats.

Si le texte a été adopté rapidement en première lecture au Sénat, il en a été tout autrement pour son passage à l'Assemblée Nationale. L'amendement 252 d'André Chassaigne, a été soutenu par toute la gauche et une partie de la droite et a été adopté. Il précise que les OGM ne peuvent être cultivés que dans le respect « des structures agricoles, des écosystèmes locaux, et des filières de production et commerciales qualifiées "sans organismes génétiquement modifiés" et en toute transparence ». Il était évident que le gouvernement n'allait pas se satisfaire de cette précaution.

Le texte a poursuivi sa navette parlementaire et a été adopté en deuxième lecture au Sénat. Sur les injonctions du Premier Ministre, un sous-amendement des sénateurs UMP à l'amendement 252 a été adopté, qui vidait l'amendement de son contenu. Le texte est revenu en deuxième lecture à l'Assemblée Nationale mardi 13 mai. Grâce à une très forte mobilisation, une question préalable défendue par la gauche, a été adoptée par 136 voix contre 135. Le bon sens aurait pu ainsi l'emporter et conduire au retrait du texte. C'était sans compter l'entêtement du gouvernement. Dès le lendemain, il réalisait en effet un vrai « passage en force » en convoquant en urgence une commission mixte paritaire, majoritairement de droite. Le texte issu de ces travaux était en tous points identiques au texte rejeté la veille, et donc inacceptable.

Les réserves d'une fraction de la majorité ont refait surface lors du vote final sur le texte, finalement adopté avec un faible écart : 289 voix contre 221. Preuve s'il en fallait que la question des OGM est un sujet qui transcende les partis.

Le Groupe SRC va déposer un recours auprès du Conseil Constitutionnel, afin notamment de confronter le projet de loi au principe de précaution désormais inscrit dans la Constitution. Dernière tentative pour faire échouer un texte potentiellement dangereux, et qui est rejeté par 67% des Français.

Par Cédric.B - Ecrire un commentaire
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