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Sortie en DVD cette semaine du dernier film de Ridley Scott : American Gangster. Bon souvenir d’une soirée ciné qui mérite quelques
mots. La guerre au Vietnam, ou plutôt le bourbier U.S. chez les vietcongs, s’éternise, la société américaine aborde une décennie troublée par une crise morale et économique. Frank Lucas, interprété par Denzel Washington des grands jours (un Oscar au bout ?), a vécu pendant vingt ans dans l'ombre du Parrain noir de
Harlem, Bumpy Johnson, qui en fait son garde du corps et confident. Lorsque son patron succombe à une crise cardiaque, Lucas assure discrètement la relève et ne tarde pas à révéler son
leadership, son sens aigu des affaires et son extrême prudence, en prenant pour auxiliaires ses frères et cousins et en gardant un profil bas. Inconnu de la police comme des hautes instances de
la mafia italienne, Lucas organise avec la complicité d'officiers basés au Vietnam un véritable pont aérien et importe ainsi par avions entiers des centaines de kilos d'héroïne pure, qu'il revend
à bas prix dans les rues de New York.
Tandis que Lucas amasse ainsi, en toute discrétion, une fortune colossale, l'inspecteur Roberts, joué lui par Russel Crowe (acteur fétiche de Scott après le célèbre
Gladiator) du NYPD (New York Police Department) enquête patiemment sur l'origine et le fonctionnement de ce marché parallèle d'un genre inédit, et
finit par soupçonner l'insaisissable Frank Lucas. Une étrange partie de cache-cache commence alors entre ces deux solitaires perfectionnistes dont les destins seront bientôt inextricablement
mêlés... Qui va l’emporter ? A mon humble avis, personne.
Pour les mirettes, American Gangster est d’abord un voyage dans le temps au coeur d’Harlem, New York city, à l’entrée
des seventies. Entre le « peplum » du genre, on pense au Parrain (quelques points similaires quand même : famille, trafic, règlements
de compte), et la version plus documentaire comme Traffic (autres similitudes du côté des flics : problèmes de hiérarchie, corruption, manque de
moyens) de Soderbergh (promis on reparlera bientôt de lui, en attendant de découvrir Che), American
Gangster s’appuie sur son point fort : une histoire vraie. Mention spéciale aux décors super réussis et aux costumes tout autant réalistes et enfin à la BO. Caresse et bise à l'oeil
!
Vous en pensez quoi ?