Lundi 3 mars 2008
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Publié dans : Elections
2008 n’est pas seulement une année électorale en France, en Russie (si l’on peut dire…) et aux Etats-Unis puisque les Espagnols sont appelés à renouveler leur
Parlement dimanche prochain.
Depuis 2004, les socialistes espagnols du PSOE occupent le pouvoir sous la direction de leur chef de file, José Luis Zapatero, alias « ZP ». Porté au
pouvoir contre toute attente, le nouveau chef du gouvernement s’installait dans un climat profondément marqué par les attentats qui s’étaient déroulés trois jours plus tôt à Madrid faisant près
de 200 victimes.
En quelques mots, que dire de son bilan ? Durant les quatre années écoulées d’importantes réformes furent engagées pour transformer la société espagnole.
Conformément à ses promesses de campagne, le premier coup d’éclat de ZP figura sur la scène internationale. Il procéda illico au retrait des troupes espagnoles en Irak. Mais c’est sur le plan
intérieur qu’il entreprit un grand chantier de réformes sociales et sociétales qui permettent à l’Espagne de figurer aujourd’hui parmi les économies les plus dynamiques de l’Union
européenne : légalisation du mariage homosexuel avec droit à l’adoption, politique d’égalité et de protection des femmes, introduction de l’instruction civique à l’école et enfin création
d’un dispositif venant en aide aux personnes âgées sur le modèle à priori de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie. Face aux particularismes locaux, ZP a choisi la voie d’un dialogue ouvert et
constructif : modification du statut de la Catalogne et reprise des discussions, mais depuis suspendues, avec l’organisation ETA.
La partie ne fut pas toujours facile pour la gauche espagnole tant il lui a fallu sur certaines de ces réformes (mariage gay et réforme de l’enseignement) endigué
l’opposition farouche de l’Eglise espagnole. La récente discussion sur le projet de loi sur la mémoire historique de la guerre civile a ravivé de nouvelles tensions faisant resurgir l’image d’un
pays profondément divisé.
Ce n’est donc pas étonnant si les sondages annoncent une élection serrée. Si la priorité pour Zapatero consistera à mobiliser pleinement l’électorat de gauche, comme
en 2004, la participation sera la clé du scrutin.
Longtemps la droite n’est pas parvenue à sortir de son discours paranoïaque qui lui avait fait perdre les législatives de 2004. Boosté par l’Eglise, le parti
populaire croit à nouveau en ses chances. Epaulé par le clan des radicaux du PP, Mariano Rajoy reprend à son compte le fond de commerce du sarkozysme. Au premier plan, la droite remet le couvert
en focalisant sur la question de l’immigration. Fort d’un accompagnement de la croissance et d’un regain démographique bienvenu, ZP assume les régularisations massives d’immigrés.
Ce n’est donc pas étonnant si les thèmes de cette campagne demeurent inchangés : sécurité, terrorisme, immigration. Il s’agira pourtant au prochain gouvernement
de pérenniser d’une croissance au dessus de la moyenne européenne ces dernières années mais qui a tendance à s’effriter.
A peine trentenaire et malgré ses spécificités avec ses différentes composantes régionales, la démocratie espagnole a rattrapé une partie de son retard :
institutions stables, alternances politiques, débats publics. Mais elle n’est pas encore une démocratie apaisée. Pour l’anecdote, lorsque deux candidats américains à l’investiture de leur parti
assurent une bonne vingtaine de débats télévisés, les espagnols ont droit à leurs deux premiers pour ces législatives depuis 1993.
Quoi qu’il en soit ces élections seront un moment de vérité pour l’Espagne. Avec Zapatero, porteur d’un bon bilan et d’un solide programme de poursuite des réformes,
elle poursuivra une politique de transformation sociale qui deviendrait un modèle pour ses partenaires européens. Rendez-vous dimanche donc !
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Pour en savoir plus: http://www.psoe.es/