Après la mise en place du
décor, la présentation des acteurs, il faut dévoiler les grandes lignes du scénario de ces cantonales 2011. Chaque campagne électorale est dominée par différents enjeux, plusieurs tendances, ou
des thématiques que l’on retrouve dans les débats.
Pour ce cru 2011, j’en vois quelques principaux : la question du niveau de la participation les jours de scrutin, celle du devenir des services publics, les conséquences de la réforme territoriale et enfin les inquiétudes liées au projet de réforme de la dépendance. Malgré les esprits chagrins qui veulent nous faire croire que les élections cantonales sont un enjeu local, on se rend bien compte que les enjeux locaux et nationaux sont imbriqués les uns aux autres.
Pour la première fois, ces élections cantonales ne seront pas couplées avec une autre élection. C’était le cas auparavant avec les cantonales de 2004 associées aux régionales ou en 2008 avec les municipales. Le fait qu’il y ait une seule élection dans la moitié des cantons brouille les cartes et assombrit les chances d’une bonne participation. Ce ne sera pas forcément le cas dans les territoires ruraux, mais il faut se méfier du niveau de mécontentement à l’encontre du gouvernement mais plus généralement sur le dos de la classe politique. La modification du seuil à atteindre pour se qualifier au second tour (dorénavant 12,5% des inscrits) complique la situation dans de nombreux endroits.
S’agissant des services publics, c’est bien évidemment la saignée annoncée dans le domaine scolaire qui focalise l’attention. La nouvelle carte scolaire s’apparente au plus vaste programme de suppressions de postes dans l’histoire du département. Philippe Martin, président du Conseil Général, a critiqué à juste raison avec les élus de sa majorité ce qu’il faut plutôt appeler un « plan social » de l’éducation.
Depuis 2002, le Gers a perdu 33 postes d'enseignants, auxquels il faut ajouter la vingtaine de postes supprimés pour la prochaine rentrée, alors que nos écoles accueillent plus de 1100 enfants supplémentaires sur la même période. Ces suppressions de postes, ces fermetures de classes, sont la conséquence directe de la politique comptable décidée par le Président de la République et mise en œuvre par le Gouvernement.
Les candidats de l’UMP, ou RPG puisqu’ici ils préfèrent se cacher derrière une autre appellation, font le grand écart facial en soutenant un discours national qui supprime à tour de bras (16.000 d’enseignants en moins rien que pour 2011) et en regrettant sur place le risque de voir disparaître leur école. Cette hypocrisie ne laisse pas les Gersois dupes.
Ce qui est sûr c’est que pour rester attractif et surmonter la crise économique, notre département a besoin de ses services publics et de ses fonctionnaires. De ses instituteurs et de ses gendarmes, de ses infirmières et de ses postiers. Comme le reste du pays, il a besoin d’une politique de l’emploi digne de ce nom couplé à une meilleure capacité d’investissements portés par les collectivités, car à elles seules elles assurent 72% de l’investissement public.
Ces mêmes collectivités sont aussi au cœur d’une autre régression. Sous le faux prétexte de la crise économique et de nécessaires économies, la droite a adopté en décembre dernier le projet de réforme territoriale dont les principaux axes sont la limitation de l’autonomie fiscale des collectivités (suppression de la Taxe Professionnelle), le renforcement des pouvoirs du Préfet, le mille feuilles voit s’ajouter un échelon supplémentaire avec des pleins pouvoirs (métropole), et enfin la création d’un élu hybride baptisé « conseiller territorial ».
Aujourd’hui, le département compte 31 conseillers généraux et 6 régionaux, les deux doivent donc fusionner en 2014 pour au final conserver 19 représentants siégeant à la fois à Auch et à Toulouse. Autant dire adieu définitivement aux élus de proximité et à la prise en compte des intérêts des territoires ruraux. C’est toute l’action de cette future structure du pouvoir local qui risque de privilégier les métropoles urbaines à l’insu d’une égalité, une cohésion entre les territoires et ceux qui y vivent.
Le candidat Sarkozy à la présidentielle de 2007 se faisait fort de mettre en place un 5ème branche de la Sécurité sociale pour les domaines de la dépendance et du handicap. Comme pour tout le reste, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Compétence obligatoire pour le département, au même titre que les routes et les collèges, l’action sociale concentre la moitié du budget dont les ¾ sont destinés à la dépendance et au handicap. La droite prévoit de réformer l’Allocation Personnalisée d’Autonomie, allocation instaurée sous le gouvernement Jospin, en supprimant le bénéfice aux personnes les moins dépendantes : soit la moitié des bénéficiaires qui se retrouvent sans rien (3000 dans le Gers) et près de 400 emplois d’aide à domicile supprimés. Dans ce cas, on touche réellement au concret, à la réalité vécue dans de nombreux foyers de la casse organisée au plus haut de l’Etat.
A toutes ces interrogations, il est une chose très claire : le Conseil Général peut et doit rester une collectivité qui protège, tel un bouclier social, une collectivité qui puisse agir chaque jour aux côtés de tous sans distinction. Il n’y a dans ce cas qu’une seule solution c’est conserver un Conseil Général de gauche. Les 20 & 27 mars, il faut voter pour les candidats socialistes et de la majorité départementale !

Localement, la campagne est entrée dans sa phase active. Depuis ce lundi, les candidatures sont connues dans chaque canton. 63 duos sont en lice pour convaincre. Chaque candidat socialiste a
tenu ses premières réunions publiques en compagnie de ses soutiens. Les journaux publiés par le PS du Gers ont été distribués auprès de tous les foyers des cantons concernés.
... LAHB 25 – Tournefeuille 23.

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